Agroalimentaire : les enjeux économiques du futur

Le magazine professionnel Process Alimentaire a publié un important dossier, où il a été demandé à différents acteurs majeurs du secteur agroalimentaire français de tenter de se projeter et d’imaginer quels seront les principaux enjeux du secteur dans dix ans.

Pour réaliser ce dossier, les journalistes de Process Alimentaire ont interrogé de nombreux cadres et dirigeants du secteur, parmi lesquels on peut citer le Directeur général de PepsiCo France, Bruno Thévenin, le Président-directeur général de Guyader, Christian Guyader, le Directeur industriel de Monbana, Sébastien Le Rendu, le PDG de LSDH, Emmanuel Vasseneix, le fondateur et dirigeant de Yooji, Frédéric Ventre, Christophe Bonduelle, Président-directeur général du groupe Bonduelle, ou encore Alain Castel, Directeur Général de la branche vin du groupe Castel.

Trois principaux axes, qui s’entremêlent parfois, ressortent de ces témoignages variés : l’importance du développement numérique, le besoin de rassurer le consommateur et la nécessité d’exporter.

Alors que la révolution numérique a déjà commencé à modifier en profondeur les habitudes de consommation et les méthodes de travail, ces bouleversements devraient encore perdurer de nombreuses années. De l’avis de tous les professionnels qui se sont exprimés, le principal enjeu pour les entreprises est donc de s’adapter et d’anticiper les évolutions relatives à l’avènement du web. Ainsi, la consommation alimentaire des ménages sera encore influencée par les progrès technologiques, comme le pense Christian Guyader, qui cite comme exemple, « un frigo intelligent qui me dit de manger des légumes car cela fait deux jours que je ne l’ai pas fait, cela change les comportements ! ».

Du côté de la production, l’industrie alimentaire devrait également bénéficier, si elle parvient à s’adapter et à investir intelligemment, des avantages liés aux nouvelles technologies. « La révolution numérique va permettre aux entreprises d’investir dans des outils automatisés à des prix de plus en plus compétitifs », souligne Sébastien Le Rendu.

Pour les industriels qui se sont exprimés, le deuxième enjeu du secteur sera, dans les dix prochaines années, de parvenir à rassurer le consommateur, quant aux modes de production agroalimentaire. En France, pays de la gastronomie, les consommateurs ne font pas confiance aux industriels. Ils assimilent souvent la nourriture industrielle à de la « malbouffe », au même titre que la Junk food. Un phénomène qui s’est amplifié ces dernières années, avec différents scandales sanitaires, toujours très médiatiques, qui ont connu leur apogée lors de l’affaire des lasagnes à la viande de cheval. « La priorité, c’est la transparence », annonce ainsi Frédéric Ventre, pour qui la « ré-assurance » du consommateur français ne peut rimer qu’avec transparence.

Enfin, comme dans la plupart des secteurs économiques, le fonctionnement actuel de l’économie globalisée incite les entreprises à exporter leurs produits, si elles veulent trouver de la croissance, en particulier dans un pays touché par la morosité et par la baisse du pouvoir d’achat des ménages. « Se développer à l’international est la principale voie pour reconstituer les cash-flows nécessaires à l’investissement », assure donc Christophe Bonduelle. Pour ce faire, Alain Castel connait la solution : « des moyens commerciaux et marketing importants avec de l’audace pour s’adapter aux spécificités réglementaires, de distribution et culturelles dans chaque marché ».

Rendez-vous dans dix ans…

 

 

 

 

Agroalimentaire : les enjeux économiques du futur

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.