Glyphosate : le point

Ces dernières semaines ont vu le glyphosate faire la Une de l’actualité nationale et européenne. La raison de l’apparition de ce produit, jusque là inconnu du grand public, sur le devant de la scène, est la décision tant attendue de l’Union Européenne, concernant le maintien de la licence commerciale du glyphosate. Cette décision, prévue pour le mois d’octobre, n’a pas eu la clarté escomptée. Retour sur un sujet qui impacte l’ensemble de la filière agroalimentaire.

La Commission Européenne devait se décider, en octobre dernier, sur l’autorisation d’un renouvellement de la commercialisation du glyphosate, pour une période de dix années. Durant les semaines qui ont précédé cette décision, de nombreuses mobilisations citoyennes et politiques, à l’image de la pression effectuée par le gouvernement français contre ce produit, sont venues demander une interdiction du glyphosate.

Qu’est-ce que le glyphosate ?

Le glyphosate est un herbicide utilisé massivement dans l’agriculture. Ce produit chimique, breveté par Monsanto en 1974, sous la célèbre dénomination « Round’Up », est tombé dans le domaine public en 2000 et de nombreuses marques le proposent désormais à la vente.

Depuis sa création, il est régulièrement au cœur de polémiques concernant son impact sur l’environnement, sur la santé, mais également sur la communication faite par ses producteurs à son sujet.

Un produit dangereux ?

Le glyphosate est l’objet de lourdes controverses concernant son impact sur la santé des consommateurs. Les scientifiques et experts sont visiblement en désaccord sur le sujet. En 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) classe le glyphosate parmi les produits « probablement cancérogènes ». De leur coté, les experts de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et de l’Organisation mondiale de la santé, ont conclu, en mai 2016, que la contamination par voie alimentaire était improbable et qu’elle ne pouvait pas être à l’origine de cancers. Une évaluation partagée par les agences nationales, qui ont analysé les risques sanitaires du produit, mais également par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA).

Si l’aspect cancérigène du produit fait encore débat, il existe un consensus sur son impact environnemental bien trop important, qui justifie la méfiance des états. C’est pourquoi nombre d’associations et de responsables politiques veulent une interdiction pure et définitive de ce produit chimique.

Le choix de l’Union européenne

Cette requête n’a rien de simple, comme l’a démontré l’absence de choix clair de l’Union européenne. La Commission s’est pour le moment contentée de repousser l’échéance de sa décision sur ce sujet sensible et d’annoncer que les renouvellements des licences se feraient désormais pour trois ans, au lieu de dix.

La difficulté pour les autorités européennes d’interdire un produit dont gouvernants et populations ne veulent majoritairement plus, vient du fait que son utilisation est massive et indispensable, dans le fonctionnement du système agricole actuel. Il s’agit de l’herbicide le plus utilisé au monde, car son utilisation est simple, son tarif abordable et son efficacité redoutable.

Il permet aux agriculteurs de se débarrasser des repousses et autres adventices, sans toutefois nuire aux récoltes suivantes. Les agriculteurs, conscients de l’enjeu, se sont manifestés avec force, à chaque fois que le débat a été relancé.

La positon française

En France, le ministre de l’Ecologie, Nicolas Hulot, s’est d’abord montré intransigeant, expliquant le 30 août dernier que la France n’autoriserait plus utilisation du glyphosate une fois sa licence en cours expirée (le 15 décembre prochain).

Ces dernières semaines, les responsables du gouvernement ont fait savoir que « l’herbicide serait interdit en France, pour tous usages, d’ici la fin du quinquennat ».

Malgré le recul sur la forme et les délais, la position française reste finalement la même et ce produit est amené à disparaître d’ici 3 ou 5 ans… L’agriculture nationale devra alors se réinventer.

 

 

Glyphosate : le point

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