Sans gluten : un succès éphémère ?

La cuisine sans gluten connait une croissance importante en France depuis quelques années. Ce phénomène apparu aux États-Unis est particulièrement tendance. Pourtant, les acteurs du secteur craignent qu’il ne s’agisse que d’un effet de mode et mettent tout en œuvre pour inscrire le « gluten free » dans la durée.

Le succès du sans gluten est indéniable. En 2014 les produits sans gluten ont connu une croissance de 27,5% en valeur et 34,4% en volume, selon le panel infoscan alimentaire du cabinet IRI.

A l’origine, les aliments sans gluten se vendaient uniquement en rayon diététique, pour les personnes souffrant d’allergie. Depuis plusieurs années, les produits sans gluten se sont imposés petit à petit, grâce à leurs digestion facile, avant de devenir incontournables dans tous les restaurants et épiceries branchés.

Les personnes souffrant réellement de la maladie cœliaque ou « intolérance au gluten » ne représentent en fait qu’1% de la population, ce qui limite les possibilités commerciales, comme l’explique le directrice de Nutrimarketing, Sophie de Reynal, pour qui « le sans-gluten fait beaucoup de bruit et beaucoup d’industriels s’y sont mis, mais c’est une niche et ça restera une niche ».

Pourtant, les perspectives pour ce marché restent intéressantes, puisque l’intolérance au gluten semble plus importante chez nos contemporains qu’au siècle dernier à cause des évolutions de l’agroalimentaire où « on retrouve du gluten dans des blés qui sont de plus en plus riches en protéines mais également dans 70 % des produits transformés », comme l’explique encore Sophie de Reynal.

Par exemple, les produits sans gluten de Gerblé connaissent une croissance à trois chiffres depuis leur lancement en 2009. En 2014, ils représentaient 13% du chiffre d’affaires de la marque, qui compte doubler son activité cette année, en s’appuyant sur le dynamisme du sans gluten. Laure Kerneis, la directrice marketing de Nutrition et Santé, la maison-mère de Gerblé donne le profil des nouveaux consommateurs d’aliments sans gluten, qui « cherchent à réduire leur consommation de gluten pour avoir des effets positifs sur leur forme, leur ligne ou leur performance sportive ». Pas besoin d’être allergique, donc, pour manger sans gluten.

Si certains industriels surfent sans scrupule sur la vague du sans gluten, affichant ostensiblement « sans gluten » sur des produits qui n’en ont jamais contenu, la production sans gluten demande un véritable investissement de la part des producteurs. Il faut, par exemple, faire bien attention à ne pas croiser ces produits dans les unités de production, comme dans les cuves, où il reste toujours des traces des produits préparés précédemment.

Autre danger d’un marché présentant déjà de faibles garanties, celui du manque de clarté. Eline Maurel et Florence Gombert du cabinet Xerfi expliquent ainsi que  « face à la profusion des références en matière de santé (produits diététiques, minceur, bio, aliments fonctionnels ou enrichis…), l’offre de produits sans allergènes devient de moins en moins lisible. Une tendance inquiétante dans un contexte où la croissance du marché passe par le recrutement de nouveaux consommateurs, au-delà des allergiques et intolérants ».

 

 

 

 

 

 

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