Tourisme alimentaire : l’exemple alsacien

Le tourisme alimentaire est le tourisme consacré à l’industrie alimentaire. Il consiste à ouvrir les usines de production alimentaire aux visiteurs. Ce nouveau concept connait un franc succès et il plait tant aux touristes qu’aux producteurs, qui y voient de nombreux avantages. Cette manière de découvrir le patrimoine culturel d’un territoire est particulièrement appréciée en Alsace, où une vingtaines d’acteurs du secteur agroalimentaire se sont associés pour proposer les Escales du savoir-faire alsacien, un parcours de tourisme alimentaire.

Le succès du tourisme alimentaire répond parfaitement aux nouvelles préoccupations des consommateurs concernant leur alimentation. En effet, l’authenticité et la transparence autour des produits alimentaires n’ont jamais été aussi tendance. L’intérêt porté aux processus de fabrication des aliments vient à la fois d’un besoin du consommateur d’être rassuré sur ce qu’il mange, et de son goût croissant pour l’authenticité. Après des années d’industrialisation de la nourriture, les consommateurs ont l’impression d’avoir été dépossédés de ce qu’ils mangent et de devoir ingérer des produits inconnus, dont ils ne connaissent ni le contenu, ni l’origine, ni le processus de production. L’affaire des lasagnes Findus, par exemple, a confirmé les doutes et inquiétudes des consommateurs et augmenté leur besoin de transparence. Quelle meilleure réponse à cette crise de confiance que de faire venir directement les consommateurs sur les sites de production, afin de mettre un terme à la méfiance envers l’industrie agroalimentaire et de démontrer la qualité des aliments transformés ?

Ces nouvelles activités touristiques attirent tout particulièrement un public familial : d’un coût modéré par rapport aux sites touristiques traditionnels, elles ont un aspect pédagogique intéressant pour des parents qui s’intéressent à l’éducation alimentaire de leurs enfants. D’ailleurs, l’attrait pour le tourisme alimentaire entre dans le cadre plus large de la croissance du tourisme de développement économique, qui met en valeur les sites industriels de manière plus générale et les processus de fabrication.

Du côté des producteurs, l’initiative est également très intéressante. Outre la nécessité pour les acteurs du secteur, de rassurer des consommateurs en proie au doute, comme nous venons de l’expliquer, le tourisme alimentaire offre un double avantage à ceux qui osent dévoiler l’envers du décor de la production alimentaire. D’une part, il confère une rentrée de revenus non négligeables, issus de la fréquentation touristique classique (magasins d’usine, souvenirs…). Une rentrée d’argent qui profite aussi à de nombreux acteurs de l’économie locale et contribue à la bienveillance des populations locales envers l’entreprise. D’autant que le marché régional représente souvent une part importante des chiffres d’affaires de ces entreprises, souvent de petite taille en comparaison avec les géants du secteur.

D’autre part, il permet aux professionnels de travailler l’image de la marque de manière particulièrement qualitative. Faire entrer les touristes dans une entreprise s’avère être un outil de communication très puissant et efficace, notamment en termes de fidélisation des clients : un enfant qui a visité l’usine d’une marque se souviendra toute sa vie de cette marque. Les acteurs de ce nouveau tourisme se posent en modèles de transparence, notamment vis à vis de la concurrence qui ne se prête pas au jeu. Le message inconscient est que si une société n’ose pas ouvrir ses portes, c’est parce qu’elle a quelque-chose à cacher….

D’ailleurs, l’ouverture de son usine aux touristes n’est pas sans contrainte. Il faut avant tout s’assurer que la venue de personnes sur les lieux de production ne nuise pas aux normes d’hygiène, ce qui peut s’avérer compliqué dans un secteur où tous les comportements sont contrôlés. Il faut également être sûr des produits utilisés, de ses employés et de ses méthodes de fabrication pour éviter tout effet contre productif. A priori, les industriels qui mettent des ingrédients de mauvaise qualité, avec de nombreux produits chimiques non identifiables par les consommateurs, ne voudront pas dévoiler l’envers du décor de leurs sites de production…

Pour illustrer ce boom du tourisme alimentaire, l’exemple alsacien est intéressant. En effet, depuis plusieurs années, ce tourisme connait un succès si important, que ses acteurs locaux ont décidé de se réunir afin de lancer un parcours dédié à l’alimentation, les Escales du savoir-faire alsacien.

Elle sont plus d’une vingtaine a avoir signé la charte de l’organisme et a participer à ce nouveau mode de développement. Dans une région où l’industrie agroalimentaire représente la 3eme source d’emploi, ce tourisme est logiquement très sollicité. Ainsi, à Meistratzheim, la choucrouterie Le Pic à réalisé d’importants travaux de rénovation, destinés à ouvrir les portes de l’usine aux touristes et à intégrer les Escales du savoir-faire alsacien.

Sur son site, l’organisation se présente ainsi

 

Partir à la découverte des métiers, savoir-faire et produits alimentaires alsaciens.
De visites d’usines en découvertes gustatives, à la rencontre des entrepreneurs qui font la région.

L’Aria Alsace, accompagnée de l’Agence d’Attractivité d’Alsace et des offices du tourisme, vous font découvrir
les produits phares et les savoir-faire régionaux.

Une route touristique à la fois gustative et de découverte des paysages qui font l’Alsace.

Pénétrez au cœur des entreprises pour voir les différentes productions et techniques. Participez à un moment
de dégustation, découvrez les talents qui font ces escales et la richesse du patrimoine industriel alsacien.

Vous pourrez également garder un petit souvenir et repartir avec vos produits favoris !

 

Tout un programme !

 

 

Tourisme alimentaire : l’exemple alsacien

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